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Histoire

Histoire de Livry-sur-Seine

Livry-sur-Seine, où la présence humaine est attestée dès le Néolithique par des haches en pierre polie trouvées dans les labours, s’est développé à partir du XIe siècle autour de la place actuelle et du manoir du Mez, dont il ne reste rien.

Le calvaire et l'église

L’église, le calvaire sont édifiés au XIIe siècle, des membres de la communauté juive de Melun chassés par Philippe Auguste puis Philippe le Bel s’établissent rue des Juifs aux XIIe et XIVe siècles. Un fils cadet du seigneur, à une date indéterminée, s’installe dans ce qui deviendra le Fief du Pré.

La seigneurie de Livry passe des mains d’une famille autochtone dans celles des Villiers de l’Isle-Adam, qui la conserveront jusqu’au milieu du XVIe siècle. Dès cette époque, la culture de la vigne occupe le coteau et se développe sous l’impulsion des moines cisterciens de Barbeau.

Le château

En 1621, une partie des terres est vendue à Gaston des Grieux qui fait bâtir le château (aujourd’hui Clos Notre-Dame) et aménager le parc.

Le Fief du Pré

Le Fief du Pré

Vergers et vignes

Le Fief du Pré, lui, est vendu à des représentants de la bourgeoisie de robe de Melun qui y trouvent, un peu à l’écart de la ville, une résidence d’agrément et de rapport, la propriété comprenant champs, vergers et vignes. Les propriétaires s’y succéderont jusqu’à nos jours, l’entretenant suffisamment pour qu’il nous parvienne en bon état.

Le château

Le château passe lui aussi entre des mains diverses et plus ou moins illustres. A la Révolution il est vendu comme bien national et ses terres sont acquises par les habitants qui les exploitaient contre redevance auparavant. Les bâtiments eux passent des mains de gros bourgeois melunais dans celles d’un banquier parisien, tous y menant grand train ; le duc de Trévise, petit-fils du maréchal Mortier, en sera le dernier propriétaire avant Fernand Javal, qui l’acquiert en 1922. Ce dernier, grand parfumeur parisien, sera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale le bienfaiteur de la commune.

Dans les années 1920 et 1930, Livry commence à se développer et, sur le coteau, les anciennes vignes abandonnées depuis le phylloxéra se couvrent de constructions nouvelles. Une nouvelle population arrive, qui n’est plus liée au monde agricole. L’électricité puis l’eau courante améliorent la vie des habitants, des chemins deviennent rues.

A partir du mois de juin 1940 des troupes allemandes occupent château et Fief du Pré et le village subit restrictions et privations. En août 1944, alors que les troupes américaines sont aux portes de Melun, les occupants font sauter un important dépôt de bombes stockées dans le parc du château. Les dégâts au château et aux habitations sont très importants : toitures soufflées, cloisons éventrées et plafonds effondrés, le parc lui-même est dévasté, les arbres sont hachés par les éclats et d’immenses cratères bouleversent le paysage.

Les commerces

L’après-guerre voit Livry se développer, la population passant de 400 habitants en 1945 à 800 en 1965, puis 1600 en 1980 (1956 aujourd’hui). Des lotissements sortent de terre, de nouvelles voiries sont viabilisées, l’école devient trop petite, la mairie aussi, et les nouveaux habitants réclament de nouveaux services. Les municipalités qui se succèdent s’efforcent donc de répondre à ces demandes : création d’une école maternelle, d’un restaurant scolaire, implantation de commerces (pharmacie, boulangerie, épicerie, services médicaux…) dans des bâtiments mis à disposition par la commune.

Bénéficiant par ailleurs d’une vie associative riche et dynamique, Livry tente de proposer un cadre attrayant combinant le calme de la campagne aux facilités de la vie moderne. Une vigne y a été replantée, qui produit un vin blanc (Chardonnay), les bois sont parcourus d’allées où se croisent joggeurs, cueilleurs de champignons ou simples promeneurs, Melun est à deux pas et le train joint la capitale en 40 minutes.

Le château abrite aujourd’hui une maison de retraite pour les sœurs dominicaines, le Fief du Pré retrouvera prochainement le rôle central qu’il occupait dans la vie locale puisque la mairie y sera transférée, et la place avec ses bancs de pierre et ses tilleuls reste le lieu où bat le cœur du village. Livry change mais reste le même.

Un résumé de Philippe Bailly
Photos : Dominique Gervais